Jeudi 22 janvier 2009 4 22 /01 /Jan /2009 23:32
Par Annick Louvel

« C’est une femme qui a gagné les élections américaines ». C’est par ces mots que la philosophe Gloria Origgi commence son article « La maman d’Obama », un article que vient de traduire F. Plouchart-Cohn. Sans doute le moment à la fois solennel, d’émotion et de joie que fut hier l’investiture de Barack Hussein Obama n’est-il pas pour rien dans le désir de partager la lecture de ce bel article qui va bien au-delà des clins d’œil.

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G. Origgi révèle que Barack Obama a principalement été élevé par sa mère, Stanley Ann Dunham, plutôt que par ses grands-parents maternels, comme on a préféré le dire pendant la campagne électorale. Elle termine son texte en lui rendant hommage et par un appel à se demander « ce qu’il y a de cette femme indépendante, courageuse et pleine d’autorité » dans l’obamanie qui s’est emparée du monde entier ». Avant cela, elle décrit le contexte social et familial de la venue au monde et à l’âge adulte du nouveau président des Etats-Unis. Elle opère un retour en arrière vers l’histoire récente des Etats-Unis pour nous faire imaginer dans quelle Amérique Stanley Ann eut le « courage » d’épouser en 1961 le futur père de BH Obama, premier Africain à être admis à l’Université de Hawai. Dans le discours inaugural de sa présidence, Obama a dit de son père qu’on ne lui aurait peut-être pas permis de manger dans un restaurant de quartier. G. Origgi rappelle à cet égard que les relations intimes entre homme et femme de couleurs différentes constituaient alors le délit de « miscegenation » aboli en 1967.

L’auteure retrace le parcours d’Obama enfant et de sa mère. Stanley Ann, heureuse d’avoir un bébé, préfèrera se séparer de « Barack Obama senior », reprendra des études (mathématiques, anthropologie) puis épousera un Indonésien. En Indonésie, où nait la sœur de BH Obama, elle s’occupe de développement rural et de programmes de micro-crédit destinés aux femmes indonésiennes. G. Origgi s’attarde sur la personnalité de cette femme dont elle souligne l’engagement professionnel et intellectuel. Elle décrit son implication dans l’éducation de BH Obama, « citoyen du monde », à l’aise dans « la normalité multiethnique de sa famille recomposée » et à qui elle « inculque un sentiment d’appartenance à la culture afro-américaine » qui se développe alors aux Etats-Unis.

« La nouveauté que représente Obama réside peut-être moins dans sa peau noire que dans sa capacité profonde à comprendre et à concilier les contraires, que seul peut avoir un homme qui a accepté le modèle et l’autorité d’une femme », fait remarquer l’auteure. Pour finir, je ne résiste pas à livrer la dernière phrase de cet article de réflexion empreint de convictions humanistes : « Le moment est venu de rendre hommage à celle qui a inventé ce fils parfait , à celle qui en a pris soin et l’a élevé pour en faire l’icône du monde qui viendra, et qu’elle ne verra pas ».

Par Pluralités socialistes
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